Léviathan / Hobbes

Qui est Hobbes? Dans quel contexte écrit-il son ouvrage le Léviathan? Quelles sont ces sources et ces références?

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Ce texte est la suite d’un cours générale sur Hobbes dont les parties sont les suivantes:

Introduction au Léviathan

Origine des pensées et du désir chez Hobbes

L’analyse politique du langage chez Hobbes

Désir et Bonheur chez Hobbes

L’état de Nature chez Hobbes 

Le contrat social chez Hobbes

Hobbes est un auteur majeur en philosophie politique, et le Léviathan est sans aucun doute un ouvrage qui pèse sur l’évolution des idées, en Europe du moins. Avec Hobbes, nait définitivement la conception d’un Etat Moderne, d’un Etat fondé en droit. Cela est d’autant plus surprenant que Hobbes a souvent été considéré comme le fondateur aussi d’un Etat autoritaire, capable d’un usage sans scrupule de la force dès qu’il s’agit de rétablir le droit. Hobbes est donc un auteur important, mais il est aussi un auteur qui a connu une mauvaise réputation, dès son époque, mais encore aujourd’hui. Il faut dire que les thèses qu’il défend font encore aujourd’hui scandale.

Thomas Hobbes (1588-1679)

Hobbes un auteur matérialiste.  

Il serait bien difficile de résumé la pensée de Hobbes en quelques phrases, contentons nous de donner les grandes lignes de sa pensée qui ne rendront pas compte des subtilités de sa pensée mais qui au moins permettront de saisir immédiatement les pensées philosophiques avec lesquelles il s’oppose radicalement. Tout d’abord, sur le plan épistémologique et ontologique, Hobbes est clairement un auteur matérialiste. S’il ne parle pas des atomes, il affirme clairement que tout est corps. Hobbes s’oppose ici à tout recours à la notions d’âme ou à la notion d’esprit qu’il analysera comme n’étant que le fruit de notre imagination (qui n’est pas non plus une faculté abstraite). Il s’opposera donc autant au dualisme cartésien qu’à la pensée d’Aristote et sa ré-interprétation chrétienne qui mettent le concept d’âme au centre de leur pensée de l’Homme et aussi de leur physique. Hobbes en effet va entreprendre une double critique, par un exposé sur les lois de la physique qui, chez Hobbes récuse le principe d’une âme comme principe du mouvement (on retrouve cela chez Descartes), mais cette physique aussi curieux que cela puisse paraître à quelqu’un qui ne connaît pas encore Hobbes est aussi le fondement de sa philosophie politique.

Hobbes un auteur empiriste.

Si tout est corps, la thèse hobbessienne qui découle logiquement est celle qui affirme que toute idée provient d’un mouvement des corps que nous sentons grace à la sensation. La sensation, est le principe de toutes nos idées, ce qui veut dire que toute idée commence d’abord avec une sensation. Il existe cependant des idées qui ne découlent pas directement de la sensation, mais qui sont fabriquées indirectement par la sensation. Ces idées sont à l’origine de nos passions, mais aussi de nos imaginations c’est à dire ce que nous prenons pour véritable alors que cela ne l’est pas. A cette philosophie de la perception, Hobbes développera une pensée nominaliste du langage.

Hobbes et la thèse de l’égoïsme.

On peut dire que Hobbes est un auteur qui attaquera en tout point la pensée de la philosophie politique d’Aristote, pensée très dominante encore en raison de la ré-interprétation chrétienne dont elle fait l’objet depuis le concile de trente. Aristote soutient en plusieurs ouvrage l’idée que l’Homme est un animal naturellement sociable et naturellement fait fait pour vivre en société. pour Aristote, la cité n’est finalement que le prolongement de notre propre nature, la vie sociale et politique en ce sens est naturelle. Hobbes posera bien au contraire le principe d’un égoïsme fondamental, qui n’est pas antinomique avec l’idée que l’homme cherche à vivre en société, mais qui mais qui fait de la vie sociale un lieu de compétition, de concurrence qui n’a rien de reposant. De plus, pour Hobbes de l’ordre social ne découle pas nécessairement un ordre politique (Notions : la société et l’Etat). L’ordre politique est fondé sur une convention, un contrat social qui ne découle pas naturellement de la vie en communauté mais bien au contraire sur une décision collective que l’on appelle le pacte social. Hobbes est un auteur contractualiste.

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Dans ce texte, Hobbes compare la vie humain à une course. Ce texte défend l’idée que l’égoïsme ou amour de soi est bien la passion qui gouverne toutes les autres car elle permet de comprendre que toutes les autres passions s’y rapporte d’une manière ou du autre:

« La vie humaine peut être comparée à une course, et quoique la comparaison ne soit pas juste à tous égards, elle suffit pour nous remettre sous les yeux toutes les passions dont nous venons de parler. Mais nous devons supposer que dans cette course on n’a d’autre but et d’autre récompense que de devancer ses concurrents. S’efforcer, c’est appéter ou désirer. Se relâcher, c’est sensualité.

Regarder ceux qui sont en arrière, c’est la gloire. Regarder ceux qui précèdent, c’est humilité. Perdre du terrain en regardant en arrière, c’est vaine gloire. Être retenu, c’est la haine. Retourner sur ses pas, c’est repentir. Être en haleine, c’est espérance. Être excédé, c’est désespoir. Tâcher d’atteindre celui qui précède, c’est émulation. Le supplanter ou le renverser, c’est envie. Se résoudre à franchir un obstacle prévu, c’est courage. Franchir un obstacle soudain, c’est colère. Franchir avec aisance, c’est grandeur d’âme. Perdre du terrain par de petits obstacles, c’est pusillanimité. Tomber subitement, c’est disposition à pleurer. Voir tomber un autre, c’est disposition à rire. Voir surpasser quelqu’un contre notre gré, c’est pitié. Voir gagner le devant à celui que nous n’aimons pas, c’est indignation. Serrer de près quelqu’un, c’est amour. Pousser en avant celui qu’on serre, c’est charité. Se blesser par trop de précipitation, c’est honte. Être continuellement devancé, c’est malheur. Surpasser continuellement celui qui précédait, c’est félicité. Abandonner la course, c’est mourir. »

Hobbes De la nature humaine. Chapitre 9.

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Dans ces textes, Aristote montre que la vie politique est une continuation de la nature humaine, du fait que l’Homme est un être rationnel, il est fait pour vivre en société.

« L’association composée de plusieurs bourgades forme dès lors une cité parfaite, possédant tous les moyens de se suffire à elle même et ayant atteint, pour ainsi dire, le but ; née en quelque sorte du besoin de vivre, elle existe pour vivre heureuse. C’est pourquoi toute cité est dans la nature, puisque c’est la nature qui a formé les premières associations : or la nature était la fin de ces associations, car la nature est la vraie fin de toutes choses. Ainsi, nous disons des différents êtres, par exemple d’un homme, d’un cheval, d’une famille, qu’ils sont dans la nature, lorsqu’ils ont atteint le développement complet qui leur est propre. De plus le but pour lequel chaque être a été créé, c’est à dire sa fin, est ce qu’il y a de meilleur en lui : or la condition de se suffire à soi même est la fin de tout être, et ce qu’il y a de meilleur en lui.

Il est donc évident que la cité est du nombre des choses qui sont dans la nature, que l’homme est naturellement un animal politique, destiné à vivre en société et que celui qui, par sa nature et non par l’effet de quelque circonstance, ne fait partie d’aucune cité, est une créature dégradée ou supérieure à l’homme. Il mérite, comme dit Homère, le reproche sanglant d’être sans famille, sans lois, sans foyers ; car celui qui a une telle nature est avide de combats et, comme les oiseaux de proie, incapable de se soumettre à aucun joug.

On voit d’une manière évidente pourquoi l’homme est un animal sociable à un plus haut degré que les abeilles et tous les animaux qui vivent réunis. La nature, comme nous disons, ne fait rien en vain. Seul, entre les animaux, l’homme a l’usage de la parole; la voix est le signe de la douleur et du plaisir et c’est pour cela qu’elle a été donnée aussi aux autres animaux.

Leur organisation va jusqu’à éprouver des sensations de douleur et de plaisir et à se le faire comprendre les uns aux autres ; mais la parole a pour but de faire comprendre ce qui est utile ou nuisible et, par conséquent aussi, ce qui est juste ou injuste. »

Aristote, Politique.

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Machiavel (1469-1527)

Hobbes dans son contexte immédiat et moins immédiat. 

Hobbes émerge dans un monde nouveau. Si l’on parle de révolutions scientifique au XVII siècle on pourrait tout autant parler de révolution dans la philosophie politique. Machiavel (XVème Siècle) est un auteur bien différent de Hobbes. Quand Hobbes veut appliquer les règles de la géométrie d’Euclide à la Nature Humaine et à la politique (voire plus bas) Machiavel privilégie au contraire l’expérience, les règles générales qui suppose toujours des exceptions. Face au calcul rationnel de Hobbes, Machiavel oppose les vertus de la prudence. Cependant, il y a bien un point commun entre ces deux auteurs : dans un monde où Dieu ne gouverne plus le cours des événements (la providence) comment penser un ordre qui ne dépende plus d’une autorité transcendante? Rappelons qu’encore aujourd’hui, il existe des pensées qui affirment que le monde doit obéir à la loi divines, il existe encore des gouvernements qui pense s’inspirer d’une volonté de dieu pour en réaliser ses fins. Hobbes comme Machiavel pensent au contraire que la religion n’est qu’un instrument au main du pouvoir politique et ne pensent pas à l’inverse que la politique réalise les fins de la religion. Le Monde Hobbes et de Machiavel est un monde régit par le hasards, il n’y a plus de finalités inscrite dans la nature ou dans notre nature. On peut penser ici au thème du désenchantement du monde. Seuls les actions de l’Hommes produisent des effets, des conséquences qui peuvent être funestes ou heureuse. Tout comme la physique n’explique le mouvement des corps par une tendance qu’ils auraient à rejoindre leur lieu naturel, la politique hobbessienne et machiavélienne va appliquer les principes d’un mécanisme aveugle où seuls les causes produisent des effets sans que l’on puisse discerner à l’avance un plan vers lequel se dirigerait toutes nos actions.

La décapitation de Charles 1er.

Un autre élément du contexte à mobiliser est la guerre civile qui va secouer l’Angleterre à cette époque. Le parlement fait de plus en plus pression pour obtenir davantage de pouvoir face au pouvoir royal. Il va même jusqu’à obtenir la tête du Roi (Charles 1er) en 1649. Le fond de cette guerre civile est aussi le fond d’une guerre entre les autorités religieuses et le pouvoir politique. Charles 1er décapité, Cromwell deviendra le Lord Protecteur de 1649 à 1658. Il tirera son autorité du parlement, proclamera la république mais se comportera très vite comme un tyran. La fin de l’épisode Cromwell marquera le retour de Charles II au pouvoir, ce retour à la monarchie sera aussi le premier pas vers la démocratie anglaise telle que nous la connaissons aujourd’hui puisque pas à pas, le parlement prendra une place de plus en plus importante dans le contrôle des politiques menées par le gouvernement de sa majesté. Hobbes vit et connait ces épisodes, à cause de certaines prises de position en faveur de la couronne il sera obligé de s’exiler à Paris de 1640 à 1651. Durant cette période il sera le tuteur notamment du futur Charles II, on dit aussi qu’il rencontrera Descartes.

Cromwell, disolvant le parlement.

Quelques éléments de la vie de Hobbes 

« Lorsqu’en 1588 l’invincible Armada était sur le point de tirer au large pour attaquer l’Angleterre, les épouvantables bruits de guerre firent que l’épouse du pasteur de Malmesbury accoucha avant terme d’un petit garçon. Elle enfanta, dit plus tard Hobbes dans une autobiographie rimée, deux jumeaux, moi et la peur »

Age de quinze ans, il va étudier à Oxford, où il apprit la logique scolastique et la physique, qui l’intéressaient très peu

Il quitta de bonne heure l’Université pour être le précepteur d’un jeune, gentilhomme de la famille Cavendish. Il resta en relations avec cette famille pendant toute sa vie. À cause de sa position il fit des voyages répétés dans les pays d’Europe. Il acquit ainsi l’expérience du monde; il cultivait avec ardeur la littérature, de préférence les historiens et les poètes classiques. Il suivait d’un œil attentif les événements de sa patrie et une traduction de Thucydide, qu’il publia en 1629, n’a probablement pas été composée sans allusion aux nuages politiques qui, dès les premières années de Charles Ier, menaçaient à l’horizon.

Par un effet du hasard, il trouva une géométrie d’Euclide et il découvrit du même coup qu’il y avait une science strictement déductive. Il n’en avait encore eu la moindre idée, car les mathématiques ne faisaient pas encore partie en Angleterre des matières d’enseignement fixées au programme. On allait même jusqu’à les regarder comme une invention diabolique. Il avait maintenant un modèle pour sa pensée.

La grande importance qu’il attache à la pensée déductive le rapproche de Descartes, tandis qu’elle le met catégoriquement en opposition avec Bacon (1561 1626 naissance de la méthode inductive et de l’observation instruite), avec lequel il avait entretenu des relations d’amitié

Ce n’est que quelques années plus tard, qu’au cours d’un voyage en Italie il fit connaissance avec l’homme dont il dit lui-même (dans la dédicace de l’ouvrage De corpore) «qu’il nous a ouvert la première porte de toute la physique, c’est-à-dire la nature du mouvement». Galilée appela, parait-il, également son attention sur la possibilité de traiter l’éthique déductivement, d’une façon analogue à la physique.

«Dès l’instant, dit Hobbes dans son autobiographie, que j’eus fait part à Mersenne de mes idées et qu’il les eut à son tour fait connaître à d’autres, je fus moi aussi compté au nombre des philosophes. Sa cellule valait mieux que toutes les écoles.». Ce fut également Mersenne qui envoya plus tard à différents penseurs, dont Gassendi et Hobbes, les Méditations de Descartes et provoqua ainsi une des discussions philosophiques les plus remarquables du XVII siècle!

1628 : Régles pour la direction de l’esprit.

1630 : Dialogue sur les deux grands systèmes du monde. Galilée.

1633 : Condamnation de Galilée.

1641 : Méditations Métaphysiques. Troisième objection. 

1642 : De Cive. – Du Citoyen.

1651 : Léviathan.

Le Léviathan.

Le choix du titre de l’ouvrage de Hobbes n’a évidemment rien d’anecdotique. Le Léviathan est un monstre marin qui apparaît dans la bible. Il faut interpréter ce nom de deux manières. Premièrement

C’est un monstre imposant qui inspire le respect et qui se caractérise par sa force.

Le léviathan est un monstre marin évoqué dans la Bible, au Livre de Job (3:8 ; 40:20), dont le nom désigne un monstre colossal. Ce monstre, dont on ignore la forme, peut être considéré comme l’évocation d’un cataclysme terrifiant capable de modifier la planète, et d’en bousculer l’ordre et la géographie sinon d’anéantir le monde. Léviathan est également, selon certaines versions, le nom donné à un des démons principaux de l’enfer. Selon les rabbins, ils seraient un des quatre cardinaux gouvernant au Midi, une des quatre parties du monde. WIKIPEDIA.

La référence outre mythologique est celle d’un texte très particulier dans la Bible.

Job est patriarche d’une tribu riche et nombreuse, révérant l’Éternel et comblé par Lui. Dans les cieux, Satan (en hébreu, satan signifie « adversaire ») vient, au milieu d’anges, pour faire remarquer à Dieu qu’il est bien facile de l’honorer quand la vie vous sourit. Dieu accorde à Satan d’éprouver Job comme il lui plaira, sans toucher à sa personne. Dépouillé de ses biens, et voyant mourir ses enfants et ses serviteurs, Job examine sa conscience sans remettre en doute la Justice ni la Bonté de Dieu. Il prononce la célèbre phrase : « Dieu a donné, Dieu a repris ». Satan obtient ensuite de Dieu de pouvoir porter atteinte à Job lui-même. Job est alors atteint de plaies multiples, se maudit lui-même, maudit le jour de sa naissance, etc. Mais jamais Job ne maudit Dieu. Trois amis essayent alors de le convaincre que son état est dû à un pêché ; ce que Job nie. Sa femme l’exhorte à se révolter. Finalement, Dieu lui explique que nul humain ne peut se permettre de juger Dieu, car ses Œuvres sont justes, sages, puissantes et étonnantes. Sur ces paroles, Dieu se mit à bénir Job qui devient encore plus prospère qu’avant ses épreuves. WIKIPEDIA

Le livre de Job est donc un texte sur l’autorité et la légitimité du souverain. «Personne sur terre ne saurait l’égaler, il est fait pour être sans peur.» Livre de Job.

Postérité de Hobbes

Hobbes a connu pendant de nombreuses années (et encore aujourd’hui) une très mauvaise réputation. On l’accuse d’avoir voulu théorisé l’absolutisme voire le despotismes, on l’accuse de n’envisager l’Homme que comme un être méchant, dépourvu de compassion, de vertus et de pitié. Cela n’est pas vrai même si ce n’est pas entièrement faux. Hobbes n’a pas une vision moraliste de l’Homme ni de la société. il veut simplement observer, comme le physicien, où nous entraine un certains nombres de forces (les passions) qui mettent des corps en mouvement. La philosophie politique de Hobbes ne juge pas les Hommes elle décrit des mouvements comme le physicien le fait lorsqu’il décrit mathématiquement le mouvement des corps. Diderot sera un des premiers à réhabilité Hobbes, notamment sur la vision de hobbessienne de la nature humaine. L’encyclopédie contient un article intitulé hobbisme qui fait l’éloge et du philosophe et de sa philosophie.

Néanmoins quand on pense à la postérité de Hobbes on pense à Rousseau et à son Contrat social. Rousseau ne manquera pas de critiquer ouvertement et sèchement la philosophie de Hobbes. Quoiqu’en dise Rousseau lui-même néanmoins, les emprunts de Rousseau au philosophe anglais sont nombreux. Tous les deux font partie de cette tradition du contrat social. Il pensent que l’instauration de l’Etat passe par un pacte social qui définit des obligations communes entre les citoyens et mettent les citoyens sur un niveau d’égalité sur le plan du droit. Il y a donc des ponts indéniables entre ces deux auteurs. Rousseau reprendra et travaillera également le concept hobbessien d’amour propre, et les deux soulignerons, pour des raisons différentes, l’impossibilité de l’état de Nature.

Ce n’est donc pas entre Rousseau et Hobbes que le débat se poursuivra de la façon la plus virulente. Les adversaire postérieurs de Hobbes seront plutôt à trouver dans la tradition libérale. Chez les Français d’abord, avec Montesquieu qui dans L’esprit des Lois cherchera à diviser le pouvoir afin qu’aucun ne puisse en abuser, et non pas comme chez Hobbes à le mettre entre les mains d’une puissance exécutive toute puissante. Chez Tocqueville, l’opposition sera sur le fond et sur la méthode. Tocqueville comme Montesquieu croit dans les contre pouvoirs et non pas dans le pouvoir absolu. Il pense aussi que la méthode de la science politique n’est pas la méthode déductive de la géométrie, mais la science empirique de l’observation, d’où le fait que Tocqueville construira sa pensée ne généralisant à partir d’observations faites sur un système politique bien existant : les Etats-Unis. Du coté des Anglais, Hume posera l’idée de l’absurdité du contrat social, pour Hume en effet, la société politique ne nait pas au moment fictif d’un contrat social qui pose un avant et un après à la vie politique, mais au contraire l’idée d’une société politique qui se construit par touche, à la manière des rameurs qui dans une barque apprennent pas à pas à coordonner leurs mouvements. Enfin, à l’idée que la société a besoin d’être organisée par le haut, Adam Smith opposera l’idée que la société s’organise par le bas, notamment grace au marché et nous retrouvons ici la thématique de la main invisible.

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Liste des textes.

Liste des textes. 

Chapitre 1 : De la sensation.

Début du Chapitre page 71 à 73 : « Et sur d’autres organes prévus à cet effet ».

Problématique : Quelle est l’origine de toutes nos pensées?

Dans ce passage nous étudierons la conception nominaliste et matérialiste de Hobbes. Nous montrerons que le fait de commencer un traité de philosophie politique par un chapitre consacré à la sensation est à la fois surprenant et en même signe d’une orientation philosophique en totale rupture avec la tradition. Hobbes en effet le commence pas son raisonnement par une analyse de la providence, de Dieu etc. mais bien plutôt de l’Homme/ La philosophie hobbesienne commence avec une Anthropologie.

Chapitre 2 : De l’imagination.

« C’est  une vérité … » (75) … à bien qu’endormies qu’éveillées. » (76)

Définitions de L’illusion (77), la mémoire (78), l’expérience (78), le rêve (79), la compréhension (80).

Problématique : Comment se fait-il que nous puissions voir des choses qui n’existent pas si toutes nos idées viennent de la sensation?

Dans la continuité du chapitre 1, ce chapitre consacré à l’imagination explique le « résidu » que laisse toute sensation dans notre esprit. Cela permet à Hobbes de montrer que nous nos sensations liassent des traces même lorsque l’objet cause de la sensation à disparu. Cela permet d’expliquer nos rêves, nos illusions, qui bien que causés préalablement par des objets bien existants, nous font voir des choses qui n’existent pas.

Chapitre 5: De La parole.

« L’invention la plus sublime et la plus nécessaire entre toutes reste celle de la Parole » … (96) à « au début de leur calcul » page 103.

Problématique : Quelle est l’origine des significations contenues par les mots que nous utilisons et quelle en est l’origine ?

On commencera par rappeler la définition d’une suite de pensée formulée au tout début du chapitre 3. On mettra en évidence à lors la conception nominaliste du langage chez Hobbes en insistant sur la fonction première du langage qui est de convertir un discours mental en discours verbal. On distinguera le signe de la marque, on soulignera le soin que Hobbes passe ensuite à catégoriser certains types de mots. On mettra alors en avant la démarche euclidienne de Hobbes à travers sa définition des définitions.

Chapitre 6: De La raison et de la science.

« Quand on raisonne, on ne fait rien d’autre que concevoir (110)… la raison n’a rien à faire du tout (111) » Puis le passage où l’erreur est définie (114) puis la liste des sources possibles de l’erreur 116 -117

Problématique : La raison est-elle la source de la définition du Bien ou n’est-elle qu’un calcul qui nous permet d’atteindre nos fins ?

On commencera par rappeler l’aspect orignal de la définition de la raison en l’opposant à d’autres conceptions où la raison est définie plus positivement (Platon par exemple). On montrera que la raison définit comme calcul est une conception qui fait de Hobbes un des pères de la pensée économique car Hobbes distingue nettement le fait d’être rationnel et le fait d’être raisonnable. En analysant la définition de l’erreur et les sources de l’erreur on montrera que le nominalisme hobbessien vu dans la précédent chapitre a une fonction épistémologique car l’analyse du langage permet en réalité à Hobbes de faire la différence entre les raisonnements valides et les raisonnements invalides.

Chapitre 13: De la condition du genre humain à l’état de Nature concernant sa félicité et sa misère.

Totalité du chapitre.

Problématique : L’Homme est-il fait pour vivre en société ?

Nous aborderons la thèse de l’égoïsme chez Hobbes. Nous soulignerons son aspect anti aristotélicien en montrant d’une part que le mouvement des passions est un mouvement que l’on ne peut arrêter, et d’autre part que dans une situation où aucune autorité supérieure ne peut garantir ma sécurité, il n’est pas possible de « jouer le jeu », de « faire confiance à autrui ». On pourra comparer cette situation avec celle dans laquelle le jeu « Walking Dead » nous place. Sur ces bases anthropologiques, Hobbes trace le devenir inéluctablement catastrophique de l’Etat de Nature.

Chapitre 14: Des premières er seconde Lois Naturelle et des contrats.

« Le droit de Nature, que les écrivain (229)…. est ce que l’on nomme un contrat (235) »

Problématique : Avons nous des droits liés à notre Nature, lesquels peuvent être cédés, lesquels ne le peuvent pas ?

Nous insisterons sur la première loi de Nature qui commande de rechercher la paix et par là nous soulignerons la différence que Hobbes opère entre le droit naturel et La loi de Nature. Si le droit de Nature, notre liberté absolue, nous conduit au désastre dans l’état de nature, la loi de Nature nous oblige à tout faire pour assurer notre propre sécurité. On insistera sur la notion de contrat et l’on évoquera la tradition contractualiste en philosophie.

Chapitre 17: Des causes, de la génération et de la définition de l’Etat.

« L’assentiment de ces créature est naturel (287) … Fin

Problématique : Qu’est ce qui rend l’autorité de l’Etat légitime ?

Dans ce Chapitre nous examinerons le contenu de la théorie du contrat social hobbessien, de la raison pour laquelle les individus renoncent à leurs droits et de ce qui rend dès lors légitime l’Etat à exercer une force coercitive sur les individus.

Chapitre 18 : Des droits des souverains d’institutions.

Problématique : Pourquoi le pouvoir ne peut-il pas être divisé ?

Dans ce Chapitre nous verrons à fois que Hobbes définit la toute puissance de l’Etat, dont le principe de commandement ne peut pas être divisé ni opposé. Nous verrons également que la théorie absolutiste de Hobbes bien que autoritaire est en même temps libérale puisque la loi définit moins ce qu’il faut faire que ce qu’il est interdit de faire.

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