Kant / Croire et Savoir / Critique de la raison pure.

 I/ La Raison impuissante à traiter de certaines questions.

Kant, auteur de la critique de la raison pure, est connu pour sa philosophie transcendantale, entendons par là une philosophie qui examine les conditions de possibilité de la connaissance. La critique de la raison pure par du constat que la philosophie est : « Le champ de bataille où se livrent ces combats sans fin » Kant précise immédiatement : « voilà ce qu’on nomme la Métaphysique ». Ce constat Kant l’emprunte à un auteur sceptique très important, David Hume qui avait fait une critique en règle du pouvoir de la raison a pouvoir établir des connaissances véritables dans Le traité de la nature humaine (Treatise of Human Nature Livre I 1739) et dans L’enquête concernant l’entendement humain (Enquiry Concerning Human Understanding 1739)

Dans l’introduction du traité, Hume écrit :

 » Il n’est pas besoin d’une connaissance profonde pour découvrir la condition imparfaite des sciences de notre époque, car même la multi- tude, à l’extérieur des portes, peut, à partir du tapage et des cris, juger que tout ne va pas bien à l’intérieur. Il n’est rien qui ne soit sujet de débat, ni sur quoi les hommes instruits ne soient d’opinions contraires. La question la plus futile n’échappe pas à notre controverse, et aux questions capitales, nous ne sommes pas capables de donner une solu- tion certaine. »

Ce constat, on peut le dire, Kant le partage complétement. La philosophie et en particulier la métaphysique semble être empêtrée dans de grandes contradictions, desquelle ne découlent aucune certude, seulement un peu plus de confusion. Kant écrit dans l’introduction à la Critique de la Raison Pure :

« La raison humaine est soumise, dans une partie de ses connaissances, à cette condition singulière qu’elle ne peut éviter certaines questions et qu’elle en est accablée. Elles lui sont suggérées par sa nature même, mais elle ne saurait les résoudre, parce qu’elles dépassent sa portée. »

Kant à la différence de Hume ne va pas concéder que la rasion est impuissante à construire des connaissances. Bien au contraire, Kant va souligner que la science, et notemment la physique a progresser, et ce de façon indéniable au point de « rentrer dans la voie sure de la science ». Seulement il arrive à la raison de ne pas pouvoir trancher entre certaines grandes Idées dont Kant va faire l’analyse.

Face à ces questions, la raison semble dans l’embarras. Elle ne sait pas vraiment trancher entre deux thèses. Les philosophes débattent, et les philosophes ne résolvent rien! COMMENT SORTIR DE LA RAISON DE L’EMBARRAS?

II/ Qu’est ce qu’une connaissance?

Voir Kant la révolution copernicienne selon Kant.

La Critique de la raison pure va passer beaucoup de temps a tenter d’expliquer ce qu’est une connaissance. L’idée pour Kant est double.

=> Montrez ce qui est connaissable et pourquoi

=> Montrez ce qui n’est pas connaissanble et pourquoi.

L’idée de Kant est simple : pour savoir pourquoi la Raison est mise en échec il faut etudier son pouvoir de connaitre. On peut donc voir la Critique de la Raison pure comme un livre où la Raison examine la Raison. La Raison se prend elle-même comme objet d’étude.

Kant Arrive à la conclusion suivante :

Pour Connaître il faut d’un coté un concept de l’entendement. De l’autre il faut une expérience possible. Qu’est ce que cela veut dire?

Rôle de l’entendement et des concepts :

L’entendement c’est la même chose que la raison, c’est la raison dans sa faculté de connaître. Pour connaître dit Kant il faut des concepts. Je ne peux pas étudier comme Galilée l’a fait, la loi de la chute des corps si je n’ai pas préalablement le concept de la masse. Je ne peux pas étudier de la thermodynamique si je n’ai pas le concept de température (quelque soit l’échelle que l’on utilise).

Les concepts ont un avantage ils permettent d’unifier les différentes expériences que je peux faire. Ainsi, je n’ai pas besoin de faire l’expérience de tous les coprs et de leur masse, le concept de masse rassemble l’idée qu’il y a dans chaque corps des quantités de matières. Le concept rassemble, il unifie mon expérience du réel. Cela tombe bien, car pour Kant, la raison c’est la faculté de l’universalité et de la nécessité. La raison a besoin d’unifier, elle a besoin de lois. Ainsi la loi de la chute des corps est valable pour tous les corps, elle permet de réunir une multiplicité d’expériences possibles (mesurer 1000 fois les degrés qu’un corps gagne à chaque instant en chute libre) sour la simple unité de la loi.

Sans les concepts de l’Entendement, nous serions condamnés à observer sans fin sans jamais rien comprendre de la nature du mouvement. Sans les concepts de l’entendement, nous serions condamné à enregistrer sans fin des observations. Pour Kant l’empirisme a donc tort lorsqu’il affirme que seules notre expérience nous fournit une connaissance du monde. Ce ne sont pas les observations qui nous font découvrir le concept de masse, c’est le concept de masse qui nous permet de mettre du sens à nos observations. Le concept de masse, les concepts de la raison, sont des concepts a priori.

Qu’est ce que nous apprend l’expérience alors? Pourquoi est-elle nécessaire pour former des connaissances scientifiques?

L’expérience est pour Kant ce qu’il appelle « la pierre de touche ». Entendons par là, elle est ce qui permet de vérifier si le concept que nous employons correspond bien à quelque chose. Le fait que la masse par exemple change quelque chose à l’accélération que prend un corps ne correspond à aucune expérience possible. L’expérience infirme cette idée et je ne peux établir A posteriori de relation entre la masse et la vitesse de chute. L’expérience permet à la raison de ne pas dérailler et de ne pas raconter n’importe quoi. Ce serait un peu comme un vieux prof qui se plaindrait des élèves sans avoir plus jamais mis le pied dans une salle de classe.

La subtilité chez Kant c’est que l’expérience n’a pas besoin d’être faite pour être effective. il faut qu’elle soit possible. c’est pour cela que nous ditinguerons bien entre une expérience possible et une expérience réellement faite.

Expérience de Hafele et Keating

En 1905, Einstien Publie un article intitulé De l’electrodynamique et des corps en mouvement. Einstein entre autre dans cet article emet l’idée que la vitesse de la lumière est une constante. Cette théorie sera acceptée, discutée, mais elle ne cessera surtout d’être vérifiée par diverses expériences tout au long du XX siècle. En 1971 Hafele et Keating, vont faire voler à bord de deux avions, quatre horloges atomiques pour tenter de mesurer un phénomène appelé : dilatation du temps, qui est une des conséquences de la théorie d’Einstein. D’après le site sciencealecole.org : »deux parcours ont été successivement empruntés par les quatre horloges : le premier vers l’est a duré 65,4 heures et le second vers l’ouest 41,2 heures. La durée totale de l’observation du rythme des quatre horloges atomiques s’est étendu sur plus de 600 heures ».

 

Cela veut dire que l’on a pas attendu une série d’observations pour accepter la théorie car au concepts formulés par Einstein correspondait des expériences possibles. Entendez par là que pour autant que soit mystérieuses les formulations « dilatation du temps » ou « courbure de l’espace temps » ce n’est ni de la science fiction, ni de la métaphysique, ce sont des concepts qui sont potentiellement expérimentable, ils peuvent être soulis à des expérimentations. Ce sont en effet des phénomènes qui pour Kant s’inscrivent dans les formes a priori de la sensibilité, c’est à dire dans l’espace et le temps.

III/ Pourquoi la métaphysique est-elle impuissante à découvrir des connaissances?

La métaphysique aimerait pouvoir atteindre le degré de la certitude que la physique ou les mathématiques. Seulement elle ne le peut pas. Comment le comprendre ?

L’entendement quand il cherche à connaître, cherche à établir une relation entre le divers de l’expérience et le concept de la raison. Il cherche à les rassembler dans l’unité d’une loi. La loi est donc construite grace à l’expérience ET grace aux concepts de la raison.

Seulement, il arrive qu’à certains concepts il ne corresponde aucune expérience. Ces concepts sont pour Kant essentiellement au nombre de trois.

=> LE MONDE

=> DIEU

=> LA LIBERTE.

Face à ces concepts la raison se retrouve empêtrée dans des contradictions qu’elle n’est pas capable de régler. Ces contradictions Kant les appelle des ANTINOMIES, et ces Antinomies sont au nombre de quatre. Kant, Dans le livre III (Des Raisonnements dialectiques de la Raison pure) chapitre II (L’antinomie de la Raison pure) va poser 3 questions dans le chapitre II :

« 1) Quelle sont proprement les propositions où la raison pure est inévitablement soumise à une anyinomie?

 2) Quelles sont les causes de cette antinomie?

 3) La raison peut-elle trouver cependant, dans ce conflit, un chemin vers la certitude? »

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PREMIERE QUESTION : Quelle sont proprement les propositions où la raison pure est inévitablement soumise à une anyinomie?

Commençons donc par définir une antinomie. Regardons les quatres antinomies que Kant expose dans la Critique.

Première Antinomie:

Deuxième Antinomie.

Troisième Antinomie.

Quatrième Antinomie.

On voit que les antinomies sont donc composées du conflit entre une thèse et une antithèse. Il s’agit dans les deux cas de deux thèses légitimes, rationnelles. Elles sont cependant contradictoires. La thèses de Kant est qu’il n’est pas possible de dire laquelle de ces deux thèses parmi ces quatre conflits est la vraie.

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DEUXIEME QUESTION : Quelles sont les causes de ces antinomies ?

« Toute l’antinomie de la raison pure repose sur cet argument dialectique. Quand le conditionné est donné, la série entière de toutes ses conditions est aussi donnée »

La raison humaine est le principe de la connaissance. C’est une manière pour la raison de fonctionner que de supposer qu’à chaque phénomène lui précède une cause. Si la tuile tombe du toît c’est cien que quelque chose l’a délogée. La raison peut remonter cette série de cause et d’effet que Kant appelle la série des conditions (condition parce que la cause d’un phénomène conditonne l’existence d’un effet).

La tuile tombe = effet.

Le vent a delogé la tuile = cause ou condition.

Cette régression dans la série des condition est donc sans fin. On peut toujours supposer une cause qui précède une autre cause. Si le vent a délogé la tuile cela s’explique par le fait que la maison est orientée de telle ou telle manière etc.

Or dit Kant, pourquoi est ce qu’à un moment la rasion tombe dans l’embarras si ce n’est parce qu’il arrive un moment donné où la raison va supposer l’existence d’une cause première. Elle ne peut pas faire autrement. Ainsi en remontant dans la série la raison va supposer un Inconditionné. Elle va suposer une cause qui échappe à la série des conditions. On peut appeler cette cause première de différents noms.

LIBERTE = Un acte qui n’est causé par aucun autre et qui donc sera dit libre.

DIEU = comme cause première du monde. Dieu créé le monde ex nihilo.

Voila pourquoi la raison ne peut pas faire autrement que de spéculer sur des grandes questions, dans le fait même de rechercher une explication aux phénomènes, c’est à dire dans le fait même de chercher à relier des causes et des effets, il arrive un moment donné où la Raison ne peut pas faire autrement que de supposer un inconditionné. Kant écrit : « Cette erreur n’est pas intentionnelle, elle est plutôt une illusion tout à fait naturelle de la rasion commune ».

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TROISIEME QUESTION La raison peut-elle trouver cependant, dans ce conflit, un chemin vers la certitude?

Si l’homme prétend vouloir connaître Dieu, L’origine du monde, trancher de façon définitive la question de la liberté, la réponse de Kant est NON.

Si L’homme veut examiner le pouvoir de connaître de la raison et décider de ce qui est connaissable ou de ce qui ne l’est pas, la réponse est OUI.

La critique de la Raison Pure, se veut justement l’ouvrage dans lequel la raison se prend elle même comme objet. Cet examen de soi même par soi même permet à la raison d’éviter de tomber dans ces Antinomies, dans ses paralogismes, qui si elle ne prend pas garde, peuvent la paralyser.

Kant va donc établir une distinction importante entre ce qu’il appelle penser et connaître ou autre manière de le dire, entre penser et connaître. 

=> Une borne, c’est ce qui peut être repoussé. La science repousse sans arrêt les bornes de la connaissance, entendons par là qu’il y a un progrès possible dans les sciences. C’est ce que Kant nous disais avec les exemples de Galilée, Stahl, Torriccelli etc. En peaufinant ses concepts, en soumettant ses hypothèses, ses théories à la critique, à la communauté scientifique, les scientifiques sont capable de faire progresser, corriger les énoncés scientifiques.

=> Une limite c’est en revanche ce qui ne pourra jamais être connu. C’est ce qui est au delà de toute connaissance possible et de toute expérience possible. Dieu est une Idée qui est au delà de l’expérience Dieu ne s’inscrit ni dans l’espace, ni dans le temps. Dieu est par définition inconnaissable. Au concpet de masse il y a une expérience possible qui lui correspond, au concept de Dieu il n’y a aucun expérience possible. Ce n’est pas que nous en connaissons pas encore Dieu, c’est que nous ne connaîtrons jamais Dieu au sens où nous pouvons connaître les lois de la chute des corps. Il y a donc un horizon des sciences que nous ne dépasserons jamais, cet horizon est consitué des Idées.

Il n’y a de connaissances que lorsqu’il y a une sythèse entre le concept de l’entendement et une donnée de l’expérience, si nous n’avons qu’un concept, il s’agit d’une idée qui est seulement pensable mais jamais connaissable.

Kant en faisant ainsi délimite alors clairement le champs de la science et le champ de la connaissance. La science peut en ce sens prétendre connaître à l’intérieur des bornes de l’expérience possible. La Religion peut elle prétendre penser des idée au delà même de l’expérience.

Je ne saurais donc admettre Dieu, la liberté et l’immortalité selon le besoin qu’en a ma raison dans son usage pratique nécessaire, sans repousser en même temps les prétentions de la raison pure à des vues transcendantes, car, pour atteindre à ces vues, il lui faut se servir de principes qui ne s’étendent en réalité qu’à des objets de l’expérience possible et qui, si on les applique à une chose qui ne peut être objet d’une expérience, la transforment réellement et toujours en phénomène, et déclarent ainsi impossible toute extension pratique de la raison pure. J’ai donc dû supprimer le savoir pour lui substituer la croyance. Le dogmatisme de la métaphysique, ce préjugé qui consiste à vouloir avancer dans cette science sans commencer par une critique de la raison pure, voilà la véritable source de toute cette incrédulité qui s’oppose à la morale, et qui elle-même est toujours très dogmatique.

Kant, Critique de la Raison Pure, préface de la deuxième édition