L’inconscient

La notion d’inconscient n’est pas seulement traitable par la psychanalyse et la pensée de Freud (Auteur seulement récemment ajouté à la liste des auteurs pouvant tombés au bac). C’est que Freud n’est pas un philosophe au sens classique du terme, il a cherché à développer une thérapeutique fondée sur le concept d’inconscient et sur la parole. La psychanalyse n’a par ailleurs pas plus de lien privilégié avec la philosophie que n’en a la mécanique classique ou le réalisme en littérature. Pourtant c’est bien du concept d’inconscient dont parle Freud, et c’est à partir d’un récit sur la naissance de la psychanalyse que nous allons traiter de cette notion. Nous nous intéresserons moins à la psychanalyse une fois établie et formalisée sous la forme du dogme de l’école freudienne. Nous chercherons à mettre en perspective l’analyse de Freud à travers l’interprétation de quelques philosophes. 

 

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I/ L’avant psychanalyse : ANNA.O. ou la découverte de l’inconscient.

La malade du docteur Breuer (1880) était une jeune fille de vingt et un ans, qui possédait une série de troubles physique et psychique. Elle présentait des contractions des deux extrémités droites avec anesthésie, de temps en temps la même affection se présentait sur le coté gauche. En plus elle souffrait de trouble des mouvements des yeux, difficultés à tenir la tête droite, toux nerveuse, dégoût de la nourriture, altération du langage, elle ne pouvait plus comprendre sa langue naturelle et altération de la personnalité.

Il semble naturel de penser que de tels symptômes ont une origine physiologique, une altération du cerveau qui pourrait aboutir à la mort de la patiente. Cependant on sait par expérience que ces jeunes filles ont des organes tout à fait sain et que ce n’est pas dans l’organique qu’il faut rechercher la cause de tous ces symptômes. On appelle Hystérie de tels états.

 

Breuer chercha à comprendre le fonctionnement et l’apparition de tels symptômes. La malade avait l’habitude de répéter des mots à voix basses qui semblaient se rapporter à des préoccupations intimes. Le médecin chercha alors à répéter ces mots à voix basses quand la patiente et sous hypnose. Breuer observe à ce moment là que la malade commence l’histoire tombe dans des rêveries qui avaient pour thème une jeune fille au chevet de père malade. Après avoir exprimés ces choses sous hypnose, Breuer constata que les symptômes disparaissaient durant deux ou trois jours avant de revenir en force dans l’esprit de la malade.

On remarqua que non seulement ces extériorisations permettaient à la malade d’éloigner momentanément la confusion mentale. Lors d’une extériorisation affective les symptômes morbides disparurent quand la malade se remémora le premier endroit où apparurent les symptômes. Une période de très grande chaleur, la malade avait beaucoup souffert de la soif car sans pouvoir donner de raison il lui avait été soudainement impossible de boire. Après six semaines elle commença alors à se plaindre de sa gouvernante anglaise qu’elle n’aimait pas. Elle raconta avec tous les signes d’un profond dégoût comment elle avait vu dans sa chambre un petit chien affreux boire dans un verre d’eau. La colère fut expulsé lors de l’hypnose et la malade se réveilla sans plus jamais connaître les symptômes dont elle souffrait.

Breuer du se rendre à l’évidence que les symptômes n’étaient que les résidus d’événement traumatiques que le patient répète par le biais de la maladie. Elles souffrent de symptômes commémoratifs. Elles se souviennent d’événements du passé qui sont à la fois oublié et non oubliés. Ils sont affectivement encore présents. Cette fixation de la vie mentale sur des événements pathogène est un des caractères de la névrose.

La malade de Breuer, lors du petit incident avec le chien de sa gouvernante, réprima un désir intense qui ne pu se manifester de façon normale. L’émotion refouler, ressuscita lors de la séances avec le médecin, comme si elle était demeurée intacte. L’expression de ces affects semblent être essentielle au rétablissement de la malade.

Il semble donc que dans la vie psychique il y ait des groupements assez indépendants pour coexister ensembles sans savoir rien l’un de l’autre. Il y aurait comme une double conscience que l’on pourrait nommer le conscient et l’inconscient.

 

II / L’élaboration du concept de résistance et Le cas Elisabeth.

Hongroise, Elisabeth vient consulter Freud en 1892. Elle a 25 ans et a des difficultés pour marcher. Très vite il attribue les symptômes à des causes sexuelles, , en pressant sur la cuisse de la patiente, il lui fait éprouver un plaisir érotique qu’elle refuse dans la vie consciente. Freud mais n’utilise pas l’hypnose (ce qui fera dire à Freud que Elisabeth 1ère soignée par la psychanalyse). Allongées et les yeux fermées elle est appelées à se concentrer sur tout ce qui se passe dans sa tête. Freud s’aperçoit qu’Elisabeth est amoureuse de son beau frère et qu’elle rejette des souhait de morts éprouvés à l’encontre de sa sœur par ailleurs décédée d’une suite de maladie. Freud voyant que ce mariage est impossible invite Elisabeth à accepter cette réalité, dès lors qu’ils sont acceptés, les symptômes cessent. Problème, Elisabeth dit par la suite que le médecin barbu qu’on l’avait forcé de voir avait essayé contre son grès de la convaincre qu’elle était amoureuse de son beau frère. Problème faut-il analyser cela en termes de résistances ou bien comme une possibilité manipulatrice de la psychanalyse ?

Freud montre bien que sous hypnose ces états dont on parle ne sont complètement ignoré à l’Etat conscients. Freud essaya de faire se rappeler ses événements aux patients sans passer par l’hypnose. Les souvenirs n’étaient pas perdus mais il existe une force qui les empêche de devenir conscient. On sent un effort quand on essaie de ramener à la conscience des souvenirs inconscients. Ce qui semble à l’origine du conflit psychique ici c’est la confrontation entre le principe de plaisir et le principe de réalité.

Le principe de plaisir : l’ensemble de l’activité mentale a pour but d’éviter le déplaisir et de procurer le plaisir

Le principe de réalité : Il forme couple avec le principe de plaisir qu’il modifie ; dans la mesure où il réussit à s’imposer comme principe régulateur, la recherche de la satisfaction ne s’effectue pas par les voies les plus courtes, mais elle ajourne son résultat en fonction des conditions imposées par le monde extérieur

Le conflit entre les deux éléments montre bien que la vie psychique n’est pas composée seulement de deux entité indépendante l’une de l’autre, mais qu’il y a deux entité dynamique qui structure le psychisme. Elisabeth montre qu’il y a conflit à l’intérieur d’elle même. Le conflit entre un désir et l’interdit de ce désir. La

 

Quelles sont les forces qui empêchent le malade de se ressouvenir ?

Supposons dans un auditoire attentif que se soit glissée une personne qui par ses rires ses bavardages m’empêchent de continuer ma conférence. Il se peut que quelque auditeurs robustes la mettent à la porte et pour prévenir son retour montent la garde. Ainsi il peut survenir en nous une idée, un désirque nous ne pouvons pour des raisons morales accepter. Il se produit alors un conflit et cette idée, ce désir sont refouléschassés hors du domaine de nos pensées conscientes. Ils continuent à exister dans l’inconscient mais un barrage leur interdit l’accès de la sphère consciente. C’est ce barrage qui correspond à la résistance que le malade oppose au médecin qui par ses questions essais de remonter jusqu’à l’événement qui est la source des symptômes. Freud reprend sa comparaison. L’auditeur chassé de la salle n’en continue pas moins à exister. Il tape à la pore, crie, fait tant et si bien qu’il trouble la salle plus encore qu’auparavant. Alors le président de la séance peut servir d’arbitre. Il va trouver le perturbateur et peut être l’autorisera à rentrer s’ils ‘engage à ne plus troubler la séance. De même l’idée refoulée dans l’inconscient n’en continue pas moins à exister et à troubler l’assistance. De même l’idée refoulée dans l’inconscient n’en continue pas moins à exister et à troubler le comportement du malade par des manifestations déguisées, symboliques qui ne sont autres que les symptômes dont il souffre. Le médecin comme le président de l’université doit savoir aller retrouver le perturbateur à l’extérieur de la sphère consciente et le ramener à l’intérieur. Même s’il produit alors un nouveau conflit ouvert, ce conflit, grâce au médecin peut se terminer heureusement : le malade pourra reconnaître qu’il a eu tort de refouler l’idée et l’accepter ; il pourra la bannir de façon efficace et définitive ; ou la transformer en une idée acceptable, la sublimer. Pour trouver l’idée refoulée, le médecin devra vaincre la résistance qui veille à la porte de la sphère consciente. Il pourra pour y parvenir interpréter habilement ce que dit le malade lorsqu’on lui demande de formuler librement toutes ses pensées ; il pourra interpréter ses rêves, ses menus actes involontaires de la vie quotidienne et jusqu’à ces mots d’espritRien de cela n’est fortuit. Il s’agit en fait de manifestations dissimulées, des pensées refoulées qu’il faut savoir reconnaître. Elles conduisent le psychanalyste avec une surprenante régularité à des expériences émotionnelles liées à la sexualité enfantine.

III/ Les topiques freudiennes.

Première Topique :

Résistance : au cours de la cure psychanalytique, on donne le nom de résistance à tout ce qui dans les actions et les paroles de l’analysé s’oppose à l’accès de celui-ci à son inconscient.

Inconscient : désigne un des systèmes définis par Freud dans le cadre de sa première théorie de l’appareil psychique : il est constitué de contenus refoulés qui se sont vu refuser l’accès au système préconscient conscient par l’action du refoulement. C’est un système.

a) ses contenus sont des représentations de pulsion.

b) régis par des mécanismes précis. Condensation et déplacement (

c) fortement investi de l’énergie pulsionnelle ils cherchent à faire retour dans la conscience et dans l’action, ils ne peuvent avoir accès au conscient préconscient que par la forme de compromis (i.e. acte manqué acte ou le résultat explicitement visé n’est pas atteint mais se trouve remplacé par un autre).

Refoulement : opération par laquelle le sujet cherche à repousser ou à maintenir dans l’inconscient des représentations liées à une pulsion. Le refoulement se produit dans le cas où la satisfaction d’une pulsion susceptible de procurer par elle même du plaisir risquerait de provoquer du déplaisir à l’égard d’autres exigences.

 

Deuxième topique (1920)

Le ça. Le réservoir des pulsions inconscientes dont le but est la satisfaction immédiate (principe de plaisir) le propre de ces pulsions est d’être des forces impersonnelles décousues. Le ça ne connaît pas la contradiction, des émotions contradictoires y demeurent sans se contrarier. Il est possible de détourner, refouler sublimer une pulsion mais jamais de la détruire. Le ça ne connaît ni le bien ni le mal. Le ça n’est plus que le refoulé.

Le moi, centre d’adaptation à la réalité, il contrôle les mouvements volontaires, c’est lui qui est chargé de l’unité du sujet, il est pris entre deux domaines contraires : l’adaptation au monde extérieur (principe de réalité) et maîtrise les forces inconscientes dirigées par le principe de plaisir. C’est le moi qui est chargé de résister ou de satisfaire aux pulsions ou de résister aux pulsions.

Le Surmoi, intériorisation des règles morales extérieures (parents) l’image est intériorisée non pas tels qu’ils sont mais tels qu’ils apparaissent à l’enfant. « le Surmoi de l’enfant ne se forme pas à l’image des parents mais bien à l’usage du Surmoi de ceux-ci ». Des tendances trop sévères de la censure du Surmoi peuvent se transformer en véritable agression contre l’individu lui même. Le noyau du Surmoi forme donc un ensemble tout aussi obscur et inconscient que les pulsions du ça.

 

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Annexe 1 : Freud, Copernic et Darwin.

 « Dans le cours des siècles la science a infligé à l’égoïsme naïf de l’humanité deux graves démentis. La première fois ce fut lorsqu’elle a montré que la terre loin d’être au centre de l’univers ne forme qu’une parcelle insignifiante du système cosmique dont nous pouvons à peine nous représenter la grandeur [Copernic]. […] Le second démenti fut infligé à l’humanité par la recherche biologique lorsqu’elle a réduit a rien les prétentions de l’homme à une place privilégiée dans l’ordre de la création en établissant sa descendance du règne animal [Darwin] […] Un troisième démenti sera infligé à la mégalomanie humaine par la recherche psychologique de nos jours qui se propose de montrer au moi qu’il n’est pas seulement maître dans sa propre maison, qu’il en est réduit à se contenter de renseignements rares et fragmentaires sur ce qui se passe en dehors de sa conscience dans sa vie psychique. »

Introduction à la psychanalyse troisième partie chapitre 18, 1916.

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Paul Delvaux, Les Adieux 1964

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Annexe 2 : La méthode de la libre association.

Prise de Notes sur L’interprétation des rêves de Freud.

Une supposition qui peut sauver l’étude du rêve est que le rêveur croit peut être ignorer. Nous avons déjà rencontré cela dans l’étude de l’hystérie. Il est fort possible que le rêveur connaisse le sens de son rêve mais que l’on doive l’aider à s’en rappeler. On peut toujours partir de l’analyse du premier souvenir. Comme pour le lapsus, mais la difficulté nouvelle alors est la suivante, le lapsus est unique il n’est pas composé de différentes parties comme le rêve; par quel morceau commencer? Souvent le rêve aura pour point de départ des souvenirs assez proches, puis : « finalement, ayant toujours le rêve pour point de départ, le sujet se souviendra ‘événements plus éloignés, parfois même très éloignés ». Freud précise qu’il faut faire attention sur l’idée de ce point de départ arbitraire, ce n’est pas parce que le point de départ sera arbitraire que le reste en sera de même. Le reste suivra selon que l’inconscient lui aussi est structuré, mais il faut lui donner un point de départ pour qu’il puisse émerger. Il faut donc utiliser la méthode de la libre association, évoquer un nom ou un nombre et demander au patient ce que cela évoque.

Freud évoque ainsi le cas d’un de ses jeunes patients. Il le savait assidu envers les femmes. Freud l’invite à donner un nom de femme. Il n’aurait du avoir que l’embarra du choix, seulement le patient reste bloqué et fini par sortir le nom d’Albine. Le jeune patient est étonné parce que ce nom ne correspond à aucune femme qu’il connaît. « on aurait pu croire que l’analyse avait échoué . » Ce jeune était excessivement blond et Freud l’appelait albinos. En outre nous essayions de savoir ce qu’il y avait de féminin en lui. Albine n’était donc pas une autre manière de parler de lui et de s’auto-désigner. « il était donc lui même cette Albine, cette femme qui l’intéressait le plus ».p.94

Nous savons donc maintenant que les idées librement pensées sont déterminées et non arbitraires, mais qu’est ce qui nous prouve maintenant que les idées qui surgissent dans les rêves le sont de la même manière, et qu’elles sont déterminées par un arrière plan psychique?

Annexe 3 : Contenu manifeste et contenu latent du rêve..

Prise de Notes sur L’interprétation des rêves de Freud.

Le but de la libre association est donc faire émerger le contenu inconscient du rêve.

=> Que le rêve soit intelligible ou absurde n’a aucune importance. Il ne représente pas tel quel le contenu de l’inconscient.

=> Le travail doit consister à éveiller des représentations substitutive autour de chaque élément du rêve, sans savoir si cela nous rapproche ou non du rêve.

« on comprend que le travail d’interprétation s’accomplit à l’encontre d’une certaine résistance qui s’y oppose et qui trouve son expression dans les objections critiques ». p.101 Il faut donc tenir compte de la déformation.

 Exemples:

a) une dame raconte qu’étant enfant elle a souvent rêvé que le bon Dieu avait sur la tête un bonnet en papier. Ce rêve n’est il pas complètement absurde? Il le devient moins lorsque l’on sait qu’étant enfant on le coiffait souvent d’un bonnet de ce genre parce qu’elle avait l’habitude de regarder dans l’assiette de ses frères et soeurs pour savoir si elle n’avait pas été lésée dans le service. Le bonnet est destiné à servir d’oeillère. Comme je sais que le bon dieu voit tout et sait tout, on veut m’empêcher de tout voir et de tout savoir.

b) Un patient fait un rêve assez long : plusieurs membres de sa famille sont assis autour d’une table ayant une forme particulière. Il se rappelle d’un meuble tout pareil qu’il vit lors d’une visite à une famille. Dans cette famille les rapports entre le père et le fils n’étaient pas cordial. De même que chez lui. Par le choix de la table, celle ci sert de glissement, chez nous c’est pareil; de plus le nom de cette famille est Tischler du mot Tisch en allemand.

« nous appellerons contenu manifeste du rêve ce que le rêve nous raconte et idées latentes du rêves ce qui est caché et ce que nous voulons rendre accessible par l’analyse des idées venant à propos du rêve (…) une partie du grand ensemble psychique formé par les idées inconscientes du rêve à pénétré dans le rêve manifeste, soit à titre de fragment, soit dans d’autres cas à titre d’allusion, d’expression symbolique, d’abréviation télégraphique » p.106.

 

Delvaux, La joie de vivre, 1937.

L’élaboration du rêve.

« Le travail qui transforme le rêve latent en rêve manifeste s’appelle l’élaboration du rêve. Le travail opposé, celui qui veut du rêve manifeste arriver au rêve latent, s’appelle travail d’interprétation »

Effets du travail d’élaboration.

– la condensation. Le contenu manifeste du rêve est plus petit que le contenu latent du rêve. Il n’en est qu’une traduction abrégée. Il y a des éléments qui sont éliminés, ils y a des éléments qui n’apparaissent que sous la forme de fragments, il y a des éléments latents et des éléments manifeste qui sont fondus. La condensation rend donc le rêve plus obscure, c’est comme si elle retranscrivait ce qui est de l’ordre des idées en images. Elle n’est donc pas l’équivalente de la censure mais la censure trouve son compte dans la condensation. La condensation rend possible le fait de retranscrire deux idées latentes dans une seule idée manifeste. Elle complique la mise en rapport des deux éléments du rêve. Elle ne suit en effet aucune retranscription, aucune règle fixe; elle rend donc le travail d’interprétation d’autant plus passionnant.

– Le déplacement, le contenu latent est transformé par un élément qui est plus lointain, c’est ce qu’on retrouve tout à fait dans le trait d’humour.

– La transformation d’idée en image visuelle. Exemple transformer l’idée de possession en le fait d’être assis.

 

Jacques Lacan.

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Annexe 4 : Qu’est ce que la psychanalyse ?

« le travail par lequel nous amenons à la conscience du malade ce qui y a en lui d’animique refoulé, nous l’avons appelé psychanalyse » Freud.

 Cette définition de la psychanalyse débouche sur une comparaison entre l’analyse et la chimie, dans le sens où les deux disciplines débouchent sur une décomposition de la vie psychique. Le but de la psychanalyse est certes de soigner, mais ce soin, est un processus de compréhension de soi. La psychanalyse est l’aventure de sa vie, c’est repartir à la conquête de soi pour ne plus se subir.

Jacques Lacan: « l’inconscient est ce chapitre de mon histoire qui est marqué par un blanc ou occupé par un mensonge : c’est le chapitre censuré. Mais la vérité peut être retrouvée; le plus souvent déjà elle est écrite ailleurs ».

 – dans mon corps

– dans les documents d’archives, souvenirs d’enfance

– dans le style de ma vie

– dans les traditions, les légendes qui peuvent être le reflet de mon existence.

 

Paul Ricoeur.

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Annexe 5 : L’interprétation.

La psychanalyse devient ainsi une herméneutique de soi. prendre conscience de soi même ne peut plus être l’objet d’une intuition, mais au contraire d’une interprétation toujours renouvelée.

« Dès lors si la conscience ne peut faire sa propre exégèse et ne peut restaurer son propre empire, il est légitime de penser qu’un autre puisse l’expliquer à elle même et l’aider à se reconquérir ; c’est le principe de la cure psychanalytique. (…) la maladie n’est pas la faute, la cure n’est pas la morale. Le sens profond de la cure n’est pas une explication de la conscience par l’inconscient, mais un triomphe de la conscience sur ses propres interdits par le détour d’une autre conscience déchiffreuse. L’analyste est l’accoucheur de la liberté, en aidant le malade à former la pensée qui convient à son mal ; il dénoue sa conscience et lui rend sa fluidité; la psychanalyse est une guérison par l’esprit ; le véritable analyste n’est pas le despote de la conscience malade, mais le serviteur d’une liberté à restaurer. En quoi la cure pour n’être pas une éthique, n’en est pas moins la condition d’une éthique retrouvée là où la volonté succombe au terrible. L’éthique en effet n’est jamais qu’une réconciliation d’un moi avec son propre corps et avec toutes les puissances involontaires; quand l’irruption des forces interdites marque le triomphe d’un involontaire absolu, la psychanalyse replace le malade dans des conditions normales où il peut à nouveau enter avec sa libre volonté une telle réconciliation ».

Ricoeur , Philosophie de la volonté, in Le volontaire et l’involontaire.