Matière et Esprit.

Projet Biologie / Philosophie.

Synthèse Projets Matière et Esprit.


Liste de sujets de Bac possibles (et pas forcément souhaitables !)

Ai-je un corps ou suis-je mon corps?

La matière est-elle plus facile à connaitre que l’esprit ?

Tout est il matériel?

Toute réalité est-elle matérielle?

Une science de l’esprit est elle possible?

La matière suffit elle à expliquer la nature des choses?

Y a t’il de l’inconnaissable ?


L’épistémologie.

On appelle épistémologie la partie de la philosophie qui s’intéresse plus particulièrement aux sciences. L’épistémologie constitue une réflexion vaste qui cherche tout autant à penser la pratique des scientifiques dans chaque discipline, tout comme elle cherche à penser ce qu’est la connaissance. L’épistémologie permet de penser les caractéristiques propres à chaque champ du savoir, comme elle penser essayer d’en penser aussi l’unité. Elle constitue donc une partie de la philosophie indispensable à la réflexion scientifique : si le scientifique produit les connaissances, il est nécessaire de comprendre comment cette connaissance est produite, quels sont les obstacles que rencontrent les scientifiques et quelles sont les limites de la connaissance scientifique.

 .

.

Matière et esprit.

Matière et esprit est un couple de notion du programme de philosophie qui semble étrange tant on ne sent pas intuitivement à quoi il réfère. Si le couple Art et technique ou Etat et Société semblent des couples de notions plus aisés à aborder, on se demande toujours de quoi il faut parler dans un sujet sur matière et esprit. Les deux concepts, par ailleurs semblent en eux-mêmes difficile à définir.

L’idée de matière fait tout de suite penser à ce support matériel qui compose les différents corps : la matière de la molécule c’est l’atome, la matière des corps ce sont les atomes ou les molécules etc. Par extension, la matière c’est ce qui donnerait la substance, par exemple la matière de l’Histoire serait les documents, les traces des événements du passé, la matière de l’arithmétique serait les nombres etc. En ce sens, la matière serait un équivalent de la substance, c’est ce que l’on peut analyser, décomposer, mesurer et qui donne la chaire des phénomènes.

L’Esprit serait quelque chose de plus difficile à définir encore : L’esprit fait tout de suite penser aux esprits (spirits) c’est à dire à l’existence d’êtres immatériels et dont l’existence n’est jamais totalement évidente. Il y a bien en effet dans l’idée d’esprit l’idée de quelque chose d’immatériel (comme les esprits qui hantent une maison). Mais l’esprit c’est aussi ce qui anime, ce qui donne le sens à quelque chose de plus matériel : par exemple on peut parler de l’esprit d’un texte de loi ou de l’esprit d’un règlement etc. Ici on sous-entend que ce qui est écrit dans le règlement à travers ses différents articles ne suffit pas à donner le sens, il faut aussi comprendre au delà : voilà ce qu’est l’esprit d’un texte, ce qui ne peut pas être réduit dans une pédagogie découpante et méthodologisante. L’esprit, enfin, c’est aussi ce qui s’oppose au corps humain : il y a mon corps, il y a l’esprit, ici entendons le mot anglais «mind ». L’esprit en ce sens peut être lent (la bêtise) ou rapide (l‘esprit vif), il est même synonyme de pensée (les grands esprits). En ce sens on voit que l’esprit s’oppose en quelque sorte à la matière. Si l’esprit est la matière de l’intelligence, en tant que pensée, en tant que mystère immatériel il s’oppose à la simplicité désolante de l’atome que l’on peut ranger et catégoriser.

Jérôme Bosch, Jardin des Délices, Détail du tryptique:  l’Enfer

.

.

 Le matérialisme du XVII siècle.

            Le couple matière esprit est donc un couple que l’on retrouve dans notre vie de tous les jours comme on le retrouve dans l’Histoire de la philosophie. Un classique de la philosophie est ce que le sujet Âme/corps. En évacuant un peu l’aspect religion de ce débat (on se souviendra que le christianisme et les autres monothéismes pensent que l’âme existe indépendamment du corps – et c’est sans doute plus compliqué que cela). Nous ne referons pas la généalogie de cette Histoire entre l’âme et le corps en remontant à l’antiquité (Platon etc.) mais nous aborderons un débat plus prêt de nous. Une des questions qui s’est rapidement posé à la science et à la philosophie au XVII siècle a été la question du matérialisme. Le matérialisme est une pensée qui affirme que tout est corps, que tout corps complexe peut être décomposé en différents corps simples, et qu’il n’existe que cela. Un des représentants de cette pensée à cette époque où la Physique commence à devenir le modèle même de la philosophie et de la pensée, c’est Hobbes qui dans le chapitre 4 du Léviathan écrit 

« All other names are but insignificant sounds; and those of two sorts. One when they are new, and yet their meaning not explained by definition; whereof there have been abundance coined by schoolmen, and puzzled philosophers.

Another, when men make a name of two names, whose significations are contradictory and inconsistent; as this name, an incorporeal body, or (which is all one) an incorporeal substance, and a great number more. For whensoever any affirmation is false, the two names of which it is composed, put together and made one, signify nothing at all. »

Pour Hobbes l’idée même qu’il puisse y avoir une « substance incorporelle » ou pire formulation encore : « un corps spirituel » est un non sens, une contradiction entre les termes de la même façon qu’il n’y a aucun sens à parler d’une cercle qui serait carré. Tout au long de sa philosophie, Hobbes va montrer que le travail de la philosophie consiste à ramener ce que les Hommes placent dans le royaume de l’esprit, dans le royaume de la matière. Pour Hobbes ce n’est pas tellement une question de métaphysique c’est plutôt une question pragmatique : les fantômes n’existent pas, l’âme si elle existe est immatérielle. Dans un contexte où Hobbes veut fonder et confier la toute puissance de l’Etat dans les mains d’une institution bien réelle, il faut être notamment capable de faire au discours religieux fanatique qui promet les enfers et prêche la vie éternelle. Les conséquences d’un point de vue épistémologique ne seront pas négligeables. En effet, Hobbes considère que l’on ne peut pas expliquer la Nature en mobilisant le concept d’esprit ou de force.

.

.

Détail, Dioptrique, Descartes.

Le dualisme cartésien.

A peu près à la même période, un autre philosophe va défendre une position opposée concernant la matière. Descartes rejette le matérialisme, il ne veut pas en effet des atomes (préalablement pensés longtemps avant par Démocrite et Epicure – et qui au XVII siècle reviennent au devant de la scène – libertins -). Pour Descartes, il faut bien distinguer les explications de la nature des explications qui touchent la pensée humaine. Pour ce qui est de la Nature, Descartes rejette les atomes, les explications matérialistes. Il pense que les mathématiques suffisent. Descartes n’a pas besoin d’analyser les phénomènes dans leur nature corporelle, il se contente (à la façon de Galilée) de ramener la nature à une surface étendue (le plan) et d’utiliser la géométrie et les mathématiques pour penser les rapports entre les corps qui composent la nature. L’optique de Descartes en est la parfaite illustration. Dans son optique nous n’avons pas besoin de savoir quelle est la nature de la lumière, il suffit de ramener la lumière à des rayons lumineux (c’est à dire des droites) et de comprendre leur comportement. C’est ainsi qu’avec la géométrie (les sinus, etc.) les figure géométriques (courbes- segments droites) Descartes a pu décrire le comportement des rayons lumineux qui passent à travers des lentilles, les lois de la réfractions etc.

            Du coté de l’esprit ce n’est pas la même chose. Descartes défend la séparation entre l’âme et le corps. Il ne pense pas que l’esprit puisse être compris avec les lois de la géométrie ou grâce à la physique. Descartes ne se contente pas de dire que ce ne serait pas pertinent, il affirme que ce n’est pas possible. Il pense qu’il existe deux substances, la substance pensante et la substance étendue : l’une a sa propre rationalité, la seconde ses propres lois. Il y a donc chez Descartes une séparation radicale entre la matière et l’esprit ou entre le corps et l’âme :

Article 8 : Qu’on connaît aussi ensuite la distinction qui est entre l’âme et le corps.

Il me semble aussi que ce biais est tout le meilleur que nous puissions choisir pour connaître la nature de l’âme et qu’elle est une substance entièrement distincte du corps ; car, examinant ce que nous sommes, nous qui pensons maintenant qu’il n’y a rien hors de notre pensée qui soit véritablement ou qui existe, nous connaissons manifestement que, pour être, nous n’avons pas besoin d’extension, de figure, d’être en aucun lieu, ni d’aucune autre telle chose qu’on peut attribuer au corps, et que nous sommes par cela seul que nous pensons ; et par conséquent que la notion que nous avons de notre âme ou de notre pensée précède celle que nous avons du corps, et qu’elle est plus certaine, vu que nous doutons encore qu’il y ait au monde aucun corps, et que nous savons certainement que nous pensons.

Descartes Principes de la philosophie.

Descartes fait cette distinction entre l’âme et le corps pour deux raisons. On peut penser qu’il a une réticence fondamentale à ce qu’un jour on puisse faire une sorte de physique de l’esprit et que l’on puisse réduire la pensée humaine à n’être que l’expression de lois aussi simples que celles de la chute des corps ou des lois de l’optique. La seconde raison est d’ordre épistémologique : il faut que la nature ne soit connue seule, qu’avec les concepts des sciences de la nature. Descartes veut définitivement proscrire toute forme de mystère, de mysticisme ou de magie dans notre monde. Les esprits ne peuvent pas expliquer les mouvements des corps, tout n’est qu’une affaire de mécanique.

.

.

La phrénologie.

            On peut comprendre pourquoi, à partir de cette situation, l’esprit est longtemps resté fermé au développement scientifique. Tout d’abord le matérialisme à la Hobbes a une fonction épistémologique (comment discréditer définitivement les fictions de l’esprit humain). Il n’est pas pensé pour penser la complexité de l’esprit humain. Ensuite, d’autres conceptions, comme le dualisme cartésien, a fermé la porte de la conscience à la recherche scientifique. Puisque l’on ne peut pas réduire l’esprit aux lois de la mécanique, on laisse la conscience, l’esprit hors du champ de la recherche scientifique. Au XIX siècle cependant, plusieurs évènements vont venir bouleverser les choses. Franz Gall, et sa phrénologie, contribue au XIX siècle au XIX siècle au développement de ce que l’on peut appeler des pseudosciences. La phrénologie prétend en effet, attribuer à une caractère moral une forme de la boite crânienne. Cela a pu donner des développements tels que la physiognomonie qui va autoriser tous les développement racistes : le visage du noir ressemble à celui du singe, et cela en dit long sur sa proximité avec l’animal, à la différence de l’homme blanc etc. Gall va ouvrir la porte à tout cela. La phrénologie fonctionne donc de deux façons, deux façons qui sont d’emblée problématiques. Premièrement il s’agit d’attribuer une faculté mentale à la forme du crâne. Si on peut se faire avoir avec la bosse des mathématiques, quand il s’agit de la faculté : « amour de la métaphysique » on commence à avoir des doutes. Deuxièmement, Gall est un des premier partisans de ce que l’on peut appeler un locationisme c’est à dire l’idée selon laquelle à une faculté mentale correspond une bosse ou zone de la boite crânienne. Concernant le premier aspect, on peut répondre que si l’on aime la métaphysique c’est peut être plutôt parce que l’on a eu un bon professeur de métaphysique. Concernant un deuxième aspect, les études plus contemporaines ont montré que le cerveau est un organe bien plus plastique qu’un simple ordinateur. Si certaines zones semblent avoir un rôle plus proéminant dans certains types d’activités mentales, il est aussi extrêmement plastique et ne se réduit pas à une entassement de zones sans contact les unes avec les autres. Gall commet donc une erreur philosophique et une erreur scientifique. Mais il ré-ouvre une question que Descartes avait évacué : est si l’étude du cerveau permettait de mieux comprendre la pensée ?

.

.

Image obtenue par IRMf illustrant la dissociation dans le cortex orbitofrontal entre récompenses primaires (image érotique) et secondaire (gain d’argent). © CNRS.

L’offensive des neurosciences.

Les neurosciences sont des sciences qui vont commencer à émerger au XIX siècle et qui vont commencer à rouvrir cette question que la philosophie cartésienne avait fermée. La recherche sur les localisations cérébrales – Broca- (mais cette fois avec plus de rigueur que ce que Gall avait proposé), la mise en évidence des cellules du cerveau, les neurones – Golgi-, les avancées de la neurophysiologie qui va permettre une analyse selon le modèle hypothético déductif de phénomènes auparavant analysés de façon plus qualitative et conceptuelle (le langage, les émotions etc.), le développement des modèles mathématiques et cybernétiques, de nouvelles philosophies (Damasio – Changeux), vont venir bouleverser la pensée philosophique du rapport entre le corps et l’esprit. Au fur et à mesure de ces avancées scientifiques, de la création de ces nouveaux modèles (IA), et de ces nouvelles philosophies plus ouverte au matérialisme comme celle de Changeux, viennent assiéger un champ de la philosophie que l’on pensait imprenable : l’esprit. Et si contrairement à ce que disait Descartes et d’autres penseurs après lui, l’esprit humain, comme n’importe quel objet était pensable, analysable, mesurable et expérimentable. Est ce que les études sur le cerveau ne nous permettraient pas de tracer un jour la carte de l’esprit et de la même façon que Descartes, en son temps avait dépouillé l’esprit de tout mystère, n’allons nous pas assister à un esprit rentré dans le rang, soumis au déterminisme de la nature comme tous les autres corps naturels, et enfin pensé et pensable à partir de son support matériel à savoir le cerveau. Le mots d’ordre la science consiste alors parfois en une sorte de positivisme : le progrès scientifique va venir clarifier, expliquer de façon définitive le cerveau et l’arracher des griffes immonde de la poésie métaphysique.

Le Modulor est une notion architecturale inventée par Le Corbusier en 1944

 Contre les réductionnismes.

Après une longue période ou matière et esprit, âme et corps, ont été séparés afin de réserver au champ de la pensée le privilège de sa spécificité, la question qui finalement nous reste à traiter et donc de savoir si aujourd’hui ce n’est pas la matière qui va venir absorber le concept d’esprit pour le réduire au lois de la physique, de la chimie. Assistons nous en fait à un triomphe des sciences de la nature face à une philosophie défaite et hagarde ? Beaucoup de penseurs se sont peu insurgés contre cette offensive des neurosciences en arguant que l’Homme srait toujours l’Homme, et que quelque soit les lois de la Nature auquel on est soumis il demeurera toujours la liberté humaine. Cette position semble en réalité aussi décevante que la position qui consiste à affirmer que l’esprit c’est le cerveau. Dans un cas nous assistons au retour de l’anthropocentrisme : l’Homme est un être dans la Nature mais il n’est pas soumis aux lois de la Nature. Au nom de quoi ? Cette position faussement humaniste qui brandit la liberté et la dignité humaine semble même être dangereuse dans la mesure où elle nous interdit finalement de penser la pensée au nom du soi disant Libre arbitre qui échappe, par définition, à toute tentative de rationalisation. L’autre position, celle qui prétend que tout est cerveau et que la pensée, l’art, la religion etc. résident dans les neurones, nous fait finalement penser à la position de Gall qui aurait pu trouver dans un morceau de calcaire, l’amour de la métaphysique. Quand je regarde bien comment je vis, je ne sens pas « mon cerveau » avoir faim, avoir froid, ne pas avoir envie d’aller en cours, il me semble bien au contraire que cerveau ou pas : c’est bien de Moi dont il s’agit. En d’autres termes, il y aurait bien une différence fondamentale entre faire une image par IRM de mon cerveau au moment où il a faim et de mon propre sentiment de moi quand j’ai faim. Le fait même de me mettre sous le nez la photo de mon cerveau, pour voir quelle zone est activée, quand j’ai faim, ne change ni ne règle rien au fait que j’ai faim. Ricoeur, en ce sens, dans la lignée du philosophe Merleau Ponty probablement, nous rappelle qu’il y a une différence entre le corps objet (celui de la science qui s’analyse et se mesure) et le corps vécu, qui lui, est celui qui est mon corps, celui du champ de ma propre perception. Jean Marie Danion, Professeur de psychiatrie adulte, dans un article intitulé « du cerveau au psychisme », décrit clairement deux types de réductionnisme.

=>  Le réductionnisme ontologique: Ce réductionnisme a pu être celui de Changeux, précédemment mentionné « :[Ce réductionnisme] rabat le mental sur le neuronal et le neuronal sur le physico- chimique, en même temps qu’il établit un rapport de subordination entre ces différents niveaux de réalité. ». Dans ce réductionnisme, le psychologique devient le Biologique, le cerveau devient la pensée car la pensée n’est qu’un état mental que l’on peut décoder selon un état neuronal. Il y a dans ce réductionnisme un abus de langage qui consiste finalement à affirmer : « le cerveau pense ». Ici s’applique la critique de la phénoménologie avec Ricoeur notamment, ce n’est pas parce que mon corps est pensable selon le modèle des sciences de la Nature qu’il est ce corps modélisés par les sciences de la nature. Ricoeur explique qu’il est faux de dire que mon « cerveau pense » même si l’on peut affirmer que « c’est parce que j’ai un cerveau que je pense ».

=> Le réductionnisme méthodologique. Ce réductionnisme est lié à la pratique scientifique elle-même et il nous sensibilise aux abus de langage que l’on peut commettre. Il ne s’agit pas ici de critiquer la démarche scientifique mais de la prémunir contre des excès dans la façon de communiquer ses résultats. Pour penser la nature, le scientifique est bien obligé de la simplifier pour en isoler des variables sur lesquels il va se pencher plus particulièrement. Les neurosciences vont donc utiliser différents modèles, différents types d’imagerie, travailler en laboratoire etc. Le problème ici consiste à confondre ce que l’on observe (à travers un prisme bien précis que nous venons de décrire) et dans le cas des neurosciences, la réalité vécue elle même. L’exemple typique que mentionne JM Danion est le cas du médecin qui ne vois aucune pathologie face à un malade qui a mal et qui s’en plaint. Il y a bien là deux vérités du discours mais qui ne se situent pas sur le même plan. Le réductionnisme méthodologique cherche à abolir cette pluralité des ordres du discours : « Certains [scientifiques] estiment cependant que les neurosciences pourront un jour développer de nouvelles approches qui rendront caduques les traditionnelles ruptures épistémologiques entre des disciplines scientifiques reposant sur des logiques hétérogènes. En proposant d’unifier les neurosciences et les sciences humaines et sociales au profit exclusif des premières, ils prônent une forme de réductionnisme complémentaire du réductionnisme ontologique, dont l’enjeu est cette fois épistémologique. Ce réductionnisme épistémologique vise à expliquer par la biologie et la physico-chimie, et par elles seules, des réalités jusqu’à présent étudiées par les sciences humaines et sociales, comme le lien social, les normes morales et sociales, le sentiment amoureux ou l’expérience religieuse. Il consiste en réalité à reformuler dans les seuls termes des neurosciences les problématiques des sciences humaines et sociales en niant l’apport spécifique de celles-ci. » Le piège ici serait de ne pas accepter la pluralité des discours et donc les différents niveaux explicatifs, pour postuler l’idée selon laquelle si les neurosciences ne savent pas tout de la pensée encore, cela viendra. De cette connaissance on parviendra alors à dissoudre les sciences sociales dans une science du vivant. Probablement ici, faut-il accepter l’idée que sans renoncer à la recherche scientifique en Biologie, la recherche en Biologique ne dévoilera pas tout de l’humain, ne serait-ce que parce qu’elle utilise des prismes nécessaires à la recherche mais qui l’empêchent d’étendre son discours sur la totalité de l’être. Ici, finalement, dans ce réductionnisme, c’est le fait de tomber, pour le scientifique, dans le piège métaphysique du discours totalisant et unifiant.

Conclusion.           

Le projet Philosophie – Biologie sur matière et esprit, sur le rapport entre l’esprit et le corps (Cerveau) nous montre la complexité d’un problème et l’intérêt de lire avec différentes disciplines les problèmes philosophiques au lieu de les fragmenter. La question du rapport entre le cerveau et la pensée paraît simple au premier rapport car nous savons tous que sans cerveau nous ne pensons pas. Néanmoins, la complexité de la pensée humaine (ainsi que de son organe le cerveau), la complexité de la vie humaine ou les interaction biologiques sont entremêlées d’interactions sociales, montrent que penser ce rapport entre cerveau et pensée n’est pas simple. Nous avons pu montrer, dans l’Histoire dans la pensée occidentale, de la difficulté que nous avons à penser l’esprit en raison, notamment, du dualisme cartésien construit au XIX siècle. Nous avons pu montrer à travers les différents exposés comment à partir du XIX siècle, de Franz Gall aux imageries médicales, la matière, par le cerveau, qui avait été exclu de l’analyse de la pensée, revient petit à petit. Nous avons abordé le débat, voire les polémiques, qui ont pu exister et qui existent encore entre d’un coté la philosophie et les sciences sociales et de l’autre coté les sciences du vivant. Nous avons enfin tenté d’élaborer une définition de ce que l’on appelle le réductionnisme, dont la caractérisation est nécessaire afin de dépasser certaines antinomies fausses et stériles, qui se contentent trop souvent de caricaturer soit le cerveau à n’être que des rouages, soit la pensée à n’être que du libre arbitre. Si je ne suis pas mon cerveau, l’étude du cerveau est nécessaire. N’oublions pas que le projet de la science, comme le rappelle Danion : [La] rationalité a un immense avantage : elle protège l’homme contre sa capacité de s’illusionner sur lui-même. Elle permet ainsi de faire apparaître une vérité objective sur les faits scientifiques. C’est ainsi que des progrès considérables ont pu être réalisés dans la compréhension de l’organisation structurelle et fonctionnelle du psychisme humain normal et pathologique.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s