Platon / La double ignorance / Apologie de Socrate.

 » […] Lui croit savoir quelque chose, alors qu’il ne sait rien, tandis que moi, si je n’ai aucun savoir, je ne crois pas non plus savoir ». Platon, Apologie de Socrate.

Commencer l’année en commençant par le commencement de la philosophie. On dit traditionnellement que Socrate fut le premier philosophe. On sait que c’est faux, autant parce qu’avant lui il y avait les présocratiques, autant parce qu’après lui, il y a eu Platon, qui est le premier philosophe à nous laisser une oeuvre grâce aux aléas de l’Histoire qui nous a laissé avoir accès à ses oeuvres. Si la chronologie est fausse c’est donc qu’il faut chercher d’autres raisons au fait que l’histoire a consacré Socrate du titre de premier philosophe.

« Connais-toi toi-même » est souvent associé à Socrate bien qu’elle fut la formule inscrite d’abord inscrite sur le fronton du temple de Delphes. Il parait que cette phrase qui a connaître socrate comme le premier vrai philosophe. « Connais-toi toi même » ne renvoie pas à l’idée d’une psychanalyse ou d’une psychologie, ce n’est pas de la « qui suis-je » dont parle Socrate. Il s’agit plustôt de se connaître soi, en tant qu’être humain, de chercher à connaître la nauture humaine, car au milieu de cette nature, l’Homme serait bien un mystère. Les présocratiques, eux s’était intéressé à la nature de la nature. Il cherchait à en percer l’ordre rationnel sous jacents grâce outils de la raison, en se dispensant des mythes. Il vait peut être oublié qu’avant de connaître ce qui est à l’extérieur de soi, il faut chercher à connaître ce que nous sommes. Or c’est bien là qu’il y a une faiblesse humaine, nous affirmons des milliers de choses sur ce qui est à l’extérieur de nous en délaissant la première connaissance celle de notre savoir sur nous même, lui même.

C’est donc dans l’Apologie de Socrate, que Platon, suite à la mort du maître, mais dans la bouche de celui-ci le dernier testament oral qu’il aurait prononcé avant de mourir. Ce testament c’est son discours de défense au moment de son procès. A la fin de sa vie, devant ses accusateurs Socrate nous délivre la première vérité philosophique, celle par laquelle toute philosophie doit commencer.

Nous connaissons tous ce fameux passage où Socrate rapporte une anecdote devant ses juges et devant les citoyens athéniens. Il s’agit de Chéréphon, l’ami d’enfance, qui s’en est allé demandé au plus grand de tous les oracles de la Grèce Antique qui était l’Homme le plus Sage. La réponse de la Pithie fut : « Socrate ». Socrate rapporte dans ce discours de défense écrit pas Platon, que cette réponse fut une surprise. Comment celui qui n’a jamais revendiqué aucun savoir, comment celui qui prétend ne rien savoir a pu être désigné par la Pithie, c’est  dire par le Dieu initié à la divinitation, Apollon, comme l’Homme le plus sage ? Socrate est le premier étonné. C’est donc en voulant démentir l’Oracle que Socrate est allé voir ceux qui prétendait avoir le plus de Sagesse : les politiques, les artisans, les artistes. Tous ces spécialistes se sont révélés incapables de répondre de façon satisafisante à ceui qui a une haute exigence de la Vérité et qui pour cette raison ne prétend pas la posséder. Socrate a du l’admettre, ces spécialistes, ceux qui se savent savants, ceux qui passent aux yeux de tous le monde pour être savant, n’étaient en réalité savant de rien du tout. Par le jeu de ses questions, celui qui ne savait pas, a su les confondre dans leur contradacitions, dans leurs approximations, dans le fait qu’ils ne savaient absolument pas en fait répondre à une seule des quesions de Socrate*. C’est ainsi que Socrate parvient à expliquer la haine qu’il a pu susciter parmi certains citoyens d’Athènes, au somment de leur influence, de leur renommée. Il les a confondu, pire encore ils ont été confondus dans leur ignorance par l’idiot de service. Voila pourquoi, dit Socrate, il a été calomnié et accusé de deux graves accusations : corrompre la jeunesse et ne pas respecter les dieux de la cité.

Il savait qu’il ne savait rien. Il savait qu’ils ne savaient rien. Ils ne savaient pas qu’ils ne savaient pas. Socrate n’était donc pas tout à fait ignorant, il savait déjà qu’il ne savait pas. Eux, ne savaient pas grands choses, mais ils ne savaient pas. L’un n’ignorait pas son ignorance, les autres ignoraient qu’ils ignoraient. On appelle cela la double ignorance. D’un coté l’ignorance qui se sait, de l’autre l’ignorance qui s’ignore. Eux croyaient savoir. Non seulement ils n’avaient aucune science et leur savoir était un prétendu savoir, mais en plsu de cela, satisfait de leur pseudo science, c’est à dire de leur réputation, ils ne pouvaient pas, à aucun moment, se rapprocher de la vérité. Comment chercher vraiment quelque chose quand on pense déjà le posséder ? S’il y a donc bien un obstacle à la connaissance, c’est bien le fait de penser posséder le vrai et, donc, toute sa vie se dispenser de rechercher ce que l’on pense déjà posséder. Leurs croyances les maintenait dans le faux et les écartait de la vérité, de façon définitive. Ils aimaient plus

Socrate lui en revanche, sait une chose, il sait qu’il ne sait pas, cela lui permet de se rendre disponible à ce que les autres ont à dire, car il demande la connaissance. Cette ignorance est salvatrice car elle permet de mettre en quête d’une vérité qui ne dépend pas du prestige mais bien au contraire des exigences que l’on doit avoir envers soi même. Les pseudos savants sont victimes de l’argent, de la réputation que leur rapporte socialement le fait de prétendre savoir.

« Connais-toi toi-même » donc, connais tes propres valeurs, tes propres connaisances, mesures en la force et la pertinence, tu es ton seul maître, cherche en autrui le partenaire de ta sagesse, non le miroir de tes vanités, tel serait alors peut être le message de Socrate.

* Comment celui prétend ne rien savoir peut-il s’y prendre pour confondre celui qui prétend ne rien savoir. Comment celui qui prétend n’avoir aucune science peut-il démontrer la nullité du savoir de celui qui prétend savoir? LIRE : Hippias le modèle des dialogues de jeunesse chez Platon.